INNERVATION

DU CŒUR

 

Le cœur est un organe automoteur qui possède en lui tous les éléments de son fonctionnement :

 

Il bat déjà chez l'embryon alors que le SN est incomplètement formé. isolé de l'organisme, il continu à battre régulièrement = greffe cardiaque

 

Cependant, le cœur doit s'adapter aux exigences circulatoires générales sous l'action de nerfs accélérateurs (système sympathique) et modérateur (système para-symphatique).

 

Il y a donc juxtaposition de 2 systèmes nerveux :

L'un, intrinsèque, automoteur et excito-conducteur.

L'autre, extrinsèque, contrôle la fréquence cardiaque en accélérant ou en diminuant le rythme cardiaque selon les circonstances

 

 

- INNERVATION INTRINSEQUE :

 

Le tissu nerveux est divisé en 2 parties :

 

Le système atrio-necteur

Le système ventriculo-necteur

 

Ce tissu nerveux est composé de nœuds (d'où le nom de necteur) et de faisceaux.

 

 

SYSTEME ATRIO-NECTEUR :

 

Découvert par Keith et Flack, il est constitué par le nœud sinusal ou nœud sino-atrial, situé dans la paroi postérieure de l'atrium droit, dans la partie supérieure de la crista terminalis, pas loin de l'embouchure de la veine cave craniale. Il mesure 20 mm de long et 4 mm de large.

 

Sa situation précise est importante pour le chirurgien qui doit le respecter. Une péricardite ou une atteinte de son artère nourricière peuvent être responsable se son dysfonctionnement

 

 

 

SYSTEME VENTRICULO-NECTEUR :

  Nœud atrio-ventriculaire :

 

Découvert par Aschoff et Tawara, il mesure 3 à 4 mm de large.

 Il est situé à la face inférieure de l'atrium droit, près de la partie antéro-inférieure du septum inter-atrial, sur sa face droite, entre :

 

En arrière : l'orifice du sinus coronaire

En bas, la valve interne de la tricuspide

 

Il est composé de 2 parties :

 

Une postérieure, atriale, se perdant en éventail dans le myocarde atrial

Une antérieure, ventriculaire, qui se poursuit directement par un faisceau : le faisceau atrio-ventriculaire.

 

 

Les faisceaux inter-nodaux :

 

Ces connexions ont été mises en évidence par l'électrophysiologie. On distingue :

 

Un faisceau antérieur : il naît du pôle antérieur du nœud sino-atrial, puis il suit le septum inter-atrial en avant de la fosse ovale et descend vers le nœud atrio-ventriculaire

Un faisceau moyen : il naît du pôle postérieur du nœud sino-atrial, puis suit le septum inter-atrial en arrière de la fosse ovale jusqu'au nœud atrio-ventriculaire.

  Un faisceau postérieur : il naît de la partie latérale du nœud sino-atrial, suit la crista terminalis, passe en avant de l'orifice de la veine cave caudale et de l'orifice du sinus coronaire, jusqu'au nœud atrio-ventriculaire.

 

 

Le faisceau atrio-ventriculaire :

 

Décrit par Hiss, c'est une lame mince et aplatie de 10 à 15 mm de long et 3 mm de large qui prolonge sans démarcation le nœud atrio-ventriculaire, longe le bord droit de la pars membranacéa, partie initiale du septum inter-ventriculaire, après avoir croisé l'insertion de la valvule interne de la valve tricuspide.

 

D'où DANGER dans la chirurgie de la valve mitrale et des CIV.

 

Le faisceau atrio-ventriculaire va se diviser en 2 branches qui vont cheminer sur les 2 faces de la pars musculosa.

 

a) La branche droite :

 

chemine sous l'endocarde, pénètre dans la trabécule septo-marginale et gagne le pilier antérieur de la tricuspide.

 

Elle se termine dans la paroi du ventricule droit par plusieurs collatérales qui porte le nom de reticulum ou réseau de Purkinje droit.

 

b) La branche gauche :

 

plus volumineuse, traverse le septum entre pars membranacea et pars musculosa, puis descend sur la face gauche du septum inter-ventriculaire.

 

Elle donne des collatérales pour les piliers, antérieur et postérieur, du ventricule gauche avant de s'épanouir en un reticulum ou réseau de Purkinje gauche.

 

Signalons pour terminer qu'il peut exister des voies atrio-ventriculaires accessoires susceptibles d'entraîner des troubles du rythme grave ( faisceaux de Kent, fibres atrio-Hissiennes, fibres de Manheim).

 

 

 

ANATOMIE FONCTIONNELLE :

 

Le stimulus initial nait du nœud sinusal. Il établit un rythme dit sinusal, autour de 70 à 80 pulsations à la minute.

 

L'onde d'excitation diffuse très rapidement vers le nœud atrio-ventriculaire qui établit un rythme nodal de l'ordre de 40 à 60 pulsations par minute mais il est sous la dépendance du rythme sinusal. Si le rythme sinusal disparaît (bloc atrio-ventriculaire), le cœur va battre en rythme nodal.

 

Le faisceau atrio-ventriculaire transmet l'influx à une vitesse normale (donc sinusale) jusqu'aux reticulum ou réseaux de Purkinje. En cas de bloc de branche, le réseau de Purkinje va battre à son rythme propre, dit rythme idio-ventriculaire, c'est à dire de l'ordre de 30 à 35 pulsations à la minute.

 

(Pose d'un pacemaker)

 

 

L'ECG enregistre ces phénomènes électriques et permet de contrôler la bonne propagation de l'onde d'excitation, depuis le nœud sinusal jusqu'aux reticulum ou réseaux de Purkinje

 

 

II - INNERVATION EXTRINSEQUE :

 

Nous serons bref en disant seulement qu'il existe 2 systèmes nerveux antagonistes :

 

1 système cardio-modérateur : nerfs vagues (X)

1 système cardio-accélérateur : nerfs sympathiques

 

 

Ces nerfs se détachent à distance du cœur, en général dans la région cervicale inférieure. Ils vont converger pour former 2 plexus :

 

o 1 plexus artériel, situé en avant de la crosse de l'aorte

 

o 1 plexus veineux, situé en arrière de l'artère pulmonaire ou de l'atrium gauche.

 

 

Ces 2 plexus contiennent à la fois des fibres d'origine vagale et d'origine sympathique.